Transhumance - Année 2 -

Michel Puyaucale est un homme de parole, un gars bien. Quand l'an dernier je lui ai remis des tirages du reportage sur la transhumance précédente il m'a donné quelques oeufs et m'a dit qu'il me téléphonerait à la prochaine transhumance.

 

Fin août Michel m'appelle, enfin essaie de me joindre sans me laisser de message car il n'aime pas parler à ces machines, je le rappelle alors. C'est organisé, la transhumance va se faire le mercredi 8 septembre, "qu'il pleuve ou pas elle se fera" me dit-il.

Le programme est le même que l'an dernier. Un rassemblement chez lui à Bielle en Ossau à 9h pour partager le café. Puis on se regroupe dans quelques voitures pour aller au lac de Bious Artigues. Les vaches sont toujours au col d'As de Bielle. La vie de la montagne est réglée comme du papier à musique. Cela peut sembler monotone mais c'est juste la réalité de cette vie au plus près de la nature.

 

Comme l'an dernier au pas de course nous allons récupérer le troupeau, le rassembler et le descendre dans le vallon, puis dans le bois, enfin sur le barrage du lac de Bious Artigues pour faire une pause sur le plateau de Bious Oumettes avant d'attaquer le retour par la route.

 

Une pause magique où l'on partage le vin, la bière, les victuailles pour reprendre des forces. Des instants propices à la joie, à la discussion, à l'échange.

Il est près de 19h quand nous nous élançons sur la route après avoir séparé un veau de sa mère après une lutte acharnée. Le retour par la route est long, près d'une trentaine de kilomètres du lac de Bious Artigues à Bielle en Ossau en passant par Gabas, Les Eaux Chaudes et Laruns.

 

Nous cheminons en pied la nuit à la lueur de notre frontale sur la route avec le bruit des sabots, l'odeur de la bouse et la chaleur de la transpiration des vaches d'un pas entre la marche et la course à pied.

 

Il est tard, nous arrivons, je suis fatigué, je rentre non sans avoir encore une fois remercié Michel de m'avoir fait partager cela. L'an prochain j'espère que je vais recommencer mais dans l'autre sens cette fois-ci au printemps.