Image Yannick Béarnais

Obsession

Je suis un menteur, un illusionniste. Photographier, fixer des instants sur la surface est ma façon d’écrire mon monde, ma vision du partage et de l’égocentrisme. Saisir l’espace d’un instant une lumière fugace dans un cadre hors de toute réalité est la seule chose qui m’obsède.

 

 

Hier, notre rencontre

La photographie s’est présentée à moi à l’âge de 22 ans. Elle était courtoise, polie, parfois un peu « coincée ». Mais par bien des regards, des rencontres, elle m’a séduit. Ce ne fût pas très difficile de donner l’opportunité à un pauvre fou de vider son sac sur un divan de lumière. Notre premier anniversaire fût formidable. Pendant une année, j’ai appris à la connaître, la découvrir… Tout n’est pas une histoire de technique mais de passion, un amour qui tous les jours grandit, une façon de vivre sans arrêt différente.

 

 

Une présence nécessaire

Depuis, on ne se quitte plus, j’ai toujours avec moi une petit boite à lumière, une sorte de calepin à deux sous. Penser à ce point à elle me fait du bien, tout est image, même les salles obscures sont une source d’inspiration par les œuvres d’Hitchcock, Kubrick, Depardon, Cartier Bresson, etc… Même les lieux les plus anodins sont devenus mes terrains de jeux favoris, mes amis sont tous des modèles en puissance, le temps ne s’arrête plus que l’espace de quelques 125ème de secondes.

Sans mon boîtier photographique je ne fais rien, partout où je vais il est avec moi fidèle prolongement de mon âme.

 

La principale raison qui me force à fixer par la lumière ces instants, c’est une peur panique du temps qui passe, l’angoisse de la rupture. C’est peut être une façon d’exorciser la solitude que d’être toujours attiré par les regards.

 

Le rapport au temps

Saisir le temps qui passe, ne se souvenir que de moments de bonheur en utilisant les coups durs comme piliers. Telle est synthétiquement l’histoire de l’humanité. J’aime cette phrase : « les gens parlent du temps qu’il fait pour oublier le temps qui passe ».

Prendre son temps est un luxe qu’il est bon de savoir s’accorder. Ne rien faire, se laisser aller et par un excès d’orgueil donner une partie de soi.