Affronter les éléments

Rien ne peut arrêter votre envie d’arpenter le bitume sur votre fidèle destrier. Rien ! Vous en êtes certains ? La pratique d’une activité et le déplacement dans un environnement en extérieur nécessite de savoir comment gérer les différentes situations climatiques qui se présentent à vous. D’une pluie fine mais dense en passant par une forte chaleur ou un vent cruel et constant, vous allez devoir adapter votre façon de rouler.

 

Passons en revue les éléments les plus défavorables :

  • Le vent
  • La pluie
  • L’orage
  • La forte chaleur
  • Le froid

Les différents constats et conseils sur ces quelques lignes ne sont que le fruit de mon expérience et je vous laisse juge de planifier vos sorties en cas de météo défavorable.

 

Commençons par la terreur du cycliste, le vent. Le vent n’est pas à proprement parler gênant pour évoluer à vélo. Votre rapport au vent est d’ailleurs très différent si vous vivez dans une région où sa présence est habituelle (exemple la vallée du Rhône) ou très rare (exemple le Béarn). Le vent quand il est de face est pénalisant car il fait baisser vos performances. Au lieu de lutter et de forcer comme une mule, continuez comme d’habitude à tourner les jambes en montant quelques dents de votre transmission et en acceptant de perdre un peu de vitesse. Partir à l’affrontement vous desservira et le résultat sera pire. Résignez-vous, acceptez de flâner pour une fois. En bon cycliste de mauvaise foi, vous penserez être en forme exceptionnelle quand ce même vent vous poussera. Un coupe vent léger est souvent nécessaire.

 

Vivant dans le Béarn, j’ai du m’accommoder de la pluie. Il existe plusieurs formes de pluie, le crachin qui ne gêne pas beaucoup, la pluie dense qui s’abat telle une douche, la pluie d’orage parfois accompagnée de grêle. La conséquence directe de la pluie est le fait que vous êtes mouillé ! Raisonnement simpliste mais constat désagréable. Si la pluie intervient à quelques encablures de la fin de votre parcours, rien n’est gênant. En général, elle vous semblera bien plus embêtante si vous la rencontrez au milieu de votre parcours. Pour se protéger de celle-ci, des vêtements adaptés sont le seul rempart que je connaisse. Sans lister ceux-ci, la veste cycliste cintrée de pluie avec un rain-legs seront la plupart du temps très efficace avec un encombrement minimum. Les garde-boues, que j’ai découverts depuis que je vis à Pau, vous permettront de rester au sec si la route est mouillée.  Il faudra veiller à adapter votre façon de rouler, notamment lors de vos freinages en veillant aux bandes blanches de circulation et aux virages. Les freins à patins sont parfois un peu moins efficaces sur jante mouillée. Rouler mouillé est très désagréable, couvrez-vous dès les premières gouttes avec du matériel efficace (jetez ce K-WAY qui vous donne un effet sauna sec à l’extérieur, mouillé à l’intérieur, votre textile doit être respirant).

 

L’orage peut également survenir. Il est parfois peu prévisible mais particulièrement gênant et dangereux s’il est violent. Des bourrasques de vent soudaines, un ciel noir chargé, de grosses gouttes sont les signes précurseurs. Selon l’intensité de l’orage et en cas de tonnerre et de foudre je vous conseille de vous mettre à l’abri. Evitez de rester statique sous un arbre ou près des rochers. Ne continuez pas à rouler car votre visibilité et celle des autres usagers de la route sera fortement diminuée. Essayez de vous mettre à l’intérieur. Les orages peuvent êtres intenses mais courts. Si ceux-ci interviennent en montagne, le spectacle bien qu’apocalyptique peut devenir magnifique.

 

Rouler en cas de forte chaleur est bien sur déconseillé. En plus du risque de déshydratation, vous sollicitez votre système cardiovasculaire énormément. Toutefois si vous êtes confronté à celle-ci sans pouvoir faire autrement, il vous faut boire énormément et baisser l’intensité de votre effort de pédalage.

 

Certains cyclistes mettent au clou leur vélo tout l’hiver. C’est une décision que je ne peux pas prendre. J’apprécie les quatre saisons. Rouler l’hiver est magnifique. Entre les champs blanchis, une sensation de piqûre liée à la morsure du froid et la lumière d’hiver, cette saison est sublime. Pour rouler en hiver, il faut prévoir des gants en windstop, une veste de cyclisme thermique et des surchaussures adaptées. Vous veillerez quand vous êtes en sous-bois ou à proximité d’une rivière à être vigilants quant à la présence de plaques de verglas.

 

Anticiper en cyclotourisme est une philosophie. Quand vous préparez votre sortie, n’hésitez pas à consulter les sites de météorologie à votre disposition. Soyez précis sur la zone de recherche car la météo change parfois à peu de kilomètres d’intervalle. Ne vous privez pas d’une sortie mais pensez de façon stratégique et roulez en connaissance de cause. J’insiste sur une vigilance météorologique accrue en zone de montagne. L’analyse sera différente si vous faites une sortie à la journée ou si vous partez plusieurs jours.

 

Si vous avez la chance comme moi de vivre en Béarn, vous allez découvrir que vous pourrez connaître tous les caprices du temps en une seule journée. Il m’est arrivé de partir sous un ciel radieux, de subir le vent puis l’orage et de revenir sous la chaleur après la pluie. La loi de Murphy, ou celle de l’emmerdement maximum, fausse votre analyse. Vous ne remarquerez que ce qui vous ennuie : le vent de face, la pluie au milieu d’une sortie…

 

Rouler en connaissance de cause, être bien équipé, être raisonnable et connaître ses limites est essentiel lors de vos randonnées. Entre principe de précaution, goût de l’aventure et raison il faut savoir évoluer sur un fil. La règle est de ne jamais lutter contre les éléments mais d’évoluer avec eux. Ils seront toujours plus forts que vous.

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